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Peaux noires, masques blancs

J’ai lu le livre, mais je trouve qu’il vieillit mal, spécialement lorsqu’on vit dans la peau d’une Noire en Amérique du Nord. Il ne peut pas prétendre à l’universalité, car on peut supposer qu’un Noir émancipé en France ait une vie un peu différente. Mais, pourquoi tu es là à me parler de l’aliénation dans ma tête lorsque le racisme institutionnel est bien réel. Ce n’est pas simplement moi qui aie intériorisé ce que l’on dit de moi. Je pense qu’on devrait écrire une réponse à Fanon. Je ne suis pas là pour cette approche de reconnaissance de l’Autre existentialiste lorsqu’on parle de la réalité du Noir.

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« Il n’existait aucun moyen de rectifier l’image de ma personne, déposée dans une suprême chambre d’instance des destins humains; je compris que cette image (si peu ressemblante fût-elle) était infiniment plus réelle que moi-même; qu’elle n’était en aucune façon mon ombre, mais que j’étais, moi, l’ombre de mon image; qu’il n’était nullement possible de l’accuser de ne pas me ressembler, mais que c’était moi le coupable cette dissemblance… »

Kundera, Milan. L’art du roman. Paris: Gallimard, 2004. p. 151-152.

« J’ai voulu m’affranchir trop tard. Je marche sur des débris. Un mort parmi les débris. L’angoisse seule me distingue des signes morts. »

Anne Hébert, « Le Torrent »

Back To Black

Can’t be more real than that. So many women know what she’s talking about.

Who taught you to hate yourself?

Malcolm X

L’ange de la misère m’a dit : « Ta vie est un combat perdu d’avance, c’est vrai… Mais, mon ami, tu vas le mener jusqu’au bout, dans l’espoir, avec le sourire même s’il le faut. »

Dieudonné

Stop hiding yourself behind your babies.

Asaf Avidan

« … Think of all the stories that we could have told »  
 

 

 

 

 

dédié à J.

S and M

je n'avais pas tué mon père bouche ouverte
 
-T’as pas peur? dit-il tout en continuant de la frapper. Comment ça t’as pas peur ? Arrête de mentir.
Ses bras tentaient tant bien que mal de protéger son visage. Surtout, éviter de le regarder. Mais, elle savait qu’il était dans son délire. Tout ce qu’il lui restait à faire c’était attendre, espérer que cela finisse rapidement.
-S’il te plait Serge, tu vois bien que tu fais peur aux enfants.
-C’est toi qui leur fais peur avec tes jérémiades. Demande pardon au Seigneur pour tes péchés.
-…
Il la traîna par les cheveux jusqu’à l’image de Jésus placée en évidence dans la chambre à coucher.
-Est-ce que tu vas te repentir ? Ou continuer de vivre dans les ténèbres ? Est-ce que tu renonces au mal?
La porte est ouverte, pourquoi ne pas t’en aller ?
Mais, comment vais-je faire toute seule ? Je n’ai pas de famille ici, je n’ai pas d’amis. Je n’ai pas un bon emploi, je n’ai pas d’argent.
Qui t’a dit que tu avais le droit de faire ça ?
(Tu disais mon amour, ma fortune, ma pauvreté, t’es comme une fleur que je peux écraser comme je veux.)
Qui crois-tu être exactement ? Tu souffres ? Tu crois que ta souffrance te donne le droit ? Tu te sens justifié ? Tu es l’écorché vif? L’incompris?
(I hate to say this, but this place is getting to me)
Qu’est-ce qu’elle est pour toi? Une extension de toi-même ?
 
 
« Il pesait sur mes bras, sur ma poitrine comme ce qu’il y a de plus lourd au monde, jusqu’à la limite de mes forces. Il m’enfonçait en terre dans le silence et la nuit. D’un seul coup il m’avait jeté le poids du monde sur les épaules. C’est bien pourquoi je l’avais voulu lui. Seule j’étais trop légère. »*Deuxième Sexe, Tome II, p.364.
Tout ce dont elle peut se souvenir c’est qu’un matin, elle se trouva bâillonnée et menottée à une chaise.
Et pourtant, s’enfuir  n’était pas son principal objectif.
Était-ce même un désir ?
Tu peux prendre ma main et la brûler, je ne sentirai rien.
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